En tant qu’expert local, l’orthopédiste Dr Cuma Moise donne des formations aux médecins généralistes locaux au Burundi, au Rwanda et au Congo-Kinshasa/ RDC. “Médecins Sans Vacances (MSV) est une de ces rares organisations qui comprend la réalité du terrain et réagit avec souplesse.”

Longues journées

Nous lui parlons rapidement entre les interventions. Il est 20h30min. au Burundi et après notre interview, il va encore opérer deux patients. Aujourd’hui, il y a eu sept patients opérés avant eux à l’hôpital public, ainsi qu’à l’hôpital privé où il travaille. Mais l’homme souriant semble enthousiaste et motivé. Il a déjà opéré cinq patients dont une ablation de deux matériels d’ostéosynthèse type plaque-vissées chez un patient qui avait une fracture consolidée de deux os de l’avant-bras gauche, un traitement orthopédique pour une dame avec une malformation type genou valgus à gauche, un autre avec une fracture du tibia droit ostéosynthésé par enclouage centromédullaire verrouillée type SIGN sans amplificateur de brillance et une chirurgie plastique chez un enfant avec une cicatrice rétractée des doigts de la main gauche. “Le besoin est grand. Nous faisons des longues journées mais opérer quelqu’un qui ne savait plus marcher et ensuite le voir sortir en marchant, ça fait du bien.”

Quatre orthopédistes

Le Docteur Cuma Moise est un chirurgien spécialisé en orthopédie. Pour Médecins sans Vacances il a déjà fait environ treize missions dans différents hôpitaux au Burundi et dans d’autres pays du Grands lac avec la même vision d’apprendre la chirurgie de base et orthopédique aux médecins généralistes.

En 2016, il a été pour la première fois à la clinique d’Ijenda au sud du Burundi. Depuis lors, huit missions ont été réalisées dans cet hôpital et à la fin de ses missions, un certificat de formation avait été octroyé aux médecins généralistes appliqués. En ce jour, ces médecins sont encore présents à l’hôpital d’Ijenda et ils ont augmenté la fréquence des interventions de chirurgie de base avec succès. En cas des problèmes, ses collègues médecins n’hésitent pas à l’appeler par téléphone ou WhatsApp pour avis chirurgical pour une meilleure prise en charge des patients.

Il a aussi visité trois fois l’hôpital de Mibilizi au Rwanda depuis Mars 2017. Il s’agissait des missions de traumatologies et l’équipe de MSV était complète, c’est-à- dire composée, d’un infirmier instrumentiste du bloc, un anesthésiste, une infirmière de salle et un kinésithérapeute. C’était une de ses plus belles missions avec des médecins très appliqués et une direction de l’hôpital sensibilisée pour la cause.

“Au total, il y a seulement cinq jeunes orthopédistes dans tout le Burundi. Le besoin est grand. Beaucoup de gens souffrent de problèmes osseux. Il y a aussi très souvent beaucoup d’accidents de la voie routière par motos, véhicules et vélos. La plupart de ces accidents sont liés au non respect des règles du code de la route, à l’excès de vitesse , à l’excès d’alcool…

Au début de ses études de spécialité en 2011 au Centre hospitalo-Universitaire de Kamenge (CHUK) au Burundi, un orthopédiste canadien est arrivé, un homme d’une soixantaine d’années. La hargne et la dynamique avec lesquelles il travaillait l’ont poussé à faire la traumato-orthopédie comme spécialité.

La grâce lui a été ainsi donné de poursuivre ses études de spécialité pendant deux ans, de 2012 à 2014 en Belgique à l’Université Saint Luc de Bruxelles où il avait eu l’inscription. Il fût adressé à Namur (CHRN) pour les stages pratiques pendant les deux ans et une fois la semaine, il était appelé à aller suivre les cours théoriques à Bruxelles. C’est à Namur qu’il a rencontré l’imminent docteur, Mr. François Daubresse, son maître de stages et l’un des meilleurs orthopédistes de la place. Très enthousiaste, admiratif, joviale, professionnel et un très bon encadreur, ce dernier été entouré d’une équipe d’autres orthopédistes de la main, de la chirurgie plastique, du pied, du rachis, du genou, de la hanche, les médecins anesthésistes ainsi que d’un service de réhabilitation spécialisé, sans oublier une équipe infirmière très professionnelle et expérimentée.

Après deux années de sa formation, Dr Cuma est retourné au Burundi pour parachever sa formation en septembre 2015. Jusqu’à ce jour, il travaille à temps plein au Centre hospitalo-Universitaire de kamenge (CHUK), en temps partiel à l’hôpital militaire de Kamenge(HMK) et à l’hôpital Prince Régent Charles (HPRC). Il preste aussi en privé dans les après-midis et le soir.

Moins de transferts

Lors de ses missions MSV, il forme des généralistes pour pratiquer la chirurgie de base. “En général, il s’agit d’interventions de base en traumatologie et en orthopédie, telles que la façon de poser un plâtre, les attelles, l’usage de fixateur externe et le triage en consultation externe.

Au Burundi il a fait jusqu’à présent plus de 12 missions pendant lesquelles lui et son équipe approfondissent les techniques de chirurgie de base (entre autres exemple la prise en charge orthopédique des fractures fermées et ouvertes et les indications du transfert des patients). Très souvent aussi il traite les ostéomyélites chroniques, les soins de plaies infectées et les greffes cutanées.

Auparavant il y avait un grand nombre de transferts des cas compliqués dans des pays limitrophes comme le Kenya ou l’Ouganda voir en Inde et en Europe.

Actuellement, il y a une meilleure prise en charge de tous les cas compliqués et depuis 3 ans une formation de spécialité en chirurgie orthopédique pour les médecins dans le pays a été mise en place.

Beaucoup de plaisir

C’est de son séjour à la clinique Mibilizi au Rwanda qu’il garde ses meilleurs souvenirs : “Au début je ne connaissais pas mon équipe. Elle était composée d’une équipe multidisciplinaire professionnelle (Belge, Rwandais et Congolais) : un chirurgien, un Dr anesthésiste, un infirmier du bloc, une infirmière des salles et un physiothérapeute.

Le premier jour, nous avons travaillé jusqu’à 21 heures, le deuxième jour à 22 heures et le troisième encore plus tard. Il y avait un afflux énorme des patients de tous les coins du Rwanda ainsi que les zones proches de Bukavu en RDC et de Cibitoke au Burundi.

En plaisantant, nous disions que c’était l’hôpital de la région où on travaillait le plus. Ce sont des plaisanteries qu’on fait au sein de l’équipe. Mais cela prouve la motivation de chacun.”

Les yeux et les oreilles de l’organisation

Il souhaite encore un bel avenir à Médecins Sans Vacances. “C’est une de ces rares ONGs qui comprenne la réalité du terrain et qui s’adapte facilement. ‘Nous ne travaillons pas en pilotage automatique. A chaque mission, en tant qu’expert local, nous devons nous adapter chaque fois à la situation locale, comme, par exemple à l’hôpital de Muramvya au nord du Burundi. Il y avait là beaucoup plus de patients avec des infections osseuses et des plaies infectées que dans le sud. Je n’étais pas préparé à cela. Mais Médecins Sans Vacances s’est adapté pour les missions suivantes après le feed-back et nous nous sommes concentrés sur le problème tout au long de nos missions. Ils nous considèrent comme les yeux et les oreilles de l’organisation. C’est ainsi que nous pouvons mener à bien nos missions.”

Texte : Ann Palmers

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