Écoutez ici le podcast de cette histoire de 40 ans de passion et d’engagement :

Artsen Zonder Vakantie – Médecins Sans Vacances · PODCAST_Tayeb Slaouti _FR

Le français Tayeb Slaouti est neuropédiatre à la clinique Sainte-Elisabeth à Uccle. Il est spécialisé dans les infections bactériennes et virales chez les enfants. Il a introduit la méthode kangourou avec brio en RD du Congo, au Rwanda et au Bénin et il se bat pour augmenter les chances de survie des nouveau-nés, partout où Médecins Sans Vacances l’emmène.

Bien préparé

Ce pédiatre franc et plein d’énergie est bénévole chez Médecins Sans Vacances depuis 2009 et a accompli différentes missions en RD du Congo, au Rwanda et au Bénin. On peut dire qu’il est l’ambassadeur de notre organisation car avec son enthousiasme, il a déjà convaincu plusieurs pédiatres bruxellois ainsi que des infirmiers et infirmières à faire la même chose. “Je ne peux rien contre l’injustice et la souffrance humaine. Mais j’ai toujours voulu aider là où on avait le plus besoin de moi. Pour un pédiatre, c’est ça l’Afrique.” Il est très reconnaissant de pouvoir faire cela avec une organisation honnête et respectueuse telle que Médecins Sans Vacances. “Grâce aux briefings, nous sommes très bien préparés à de telles missions. Nous savons ce qu’il s’est passé avant, quelles sont les attentes et quels sont les problèmes. Nous allons à plusieurs reprises dans le même hôpital afin d’assurer la continuité. Sur place, nous avons toujours un contact avec le responsable local. Nous examinons avec leur pédiatre et personnel infirmier si les objectifs sont réalisables et comment ils peuvent être poursuivis après notre départ. En plus, nous sommes toujours accueillis de manière fantastique.”

Besoin de diplomatie

En tant que pédiatre, sa mission est de faire diminuer le taux de mortalité chez les enfants dans les hôpitaux où il se rend. Ce n’est pas toujours facile, comme le prouve son expérience à la clinique Nikki au Bénin : “Le plus difficile est de voir des habitudes qui sont difficiles à changer mais qui mettent la santé des enfants en danger. Pour cela, il faut beaucoup de diplomatie. A la clinique Nikki les mères qui avaient subi une césarienne étaient automatiquement séparées de leur bébé, car ils craignaient de perdre la mère à la suite d’une importante hémorragie. C’est une crainte tout-à-fait légitime, mais en séparant la mère et l’enfant, le bébé risquait l’hypothermie. En plus, il recevait du lait en poudre, ce qui culpabilisait la maman lorsqu’elle quittait l’hôpital. Donc la clinique faisait du bon travail en sauvant les mamans mais ne tenait pas compte des nouveau-nés et des conséquences financières. Après trois ans de discussion avec la direction, nous avons créé un département kangourou et ainsi solutionné ces problèmes.”

La maman comme couveuse

Dans la méthode kangourou, la maman sert en fait de couveuse pour le bébé. Elle garde le bébé de 22 à 24 heures sur sa peau nue, l’enfant est ainsi bien au chaud et a un accès continu au lait maternel ; extérieurement, il est couvert d’un drap ou quelque chose d’équivalent et sa petite tête est gardée au chaud avec un bonnet. La respiration de la mère stimule également la respiration du bébé. Ainsi la maman se sent mieux psychologiquement et plus impliquée dans les soins à son enfant.”

Le poids stagnait

Il avait déjà expérimenté les avantages de la méthode kangourou lors de ses premières missions à la clinique Kalembe Lembe de Kinshasa en RD du Congo. En 2009, Médecins Sans Vacances en association avec l’Organisation Internationale pour la migration des Nations Unies y a ouvert un département de néonatalogie à côté des soins intensifs pour les enfants. “Aux soins intensifs tous les enfants étaient couchés les uns à côté des autres. Un prématuré d’1,5kg à côté d’un enfant de 5 ans atteint du typhus, à côté d’un enfant avec une méningite et parfois dans le même lit. Il est clair qu’un prématuré avec une diarrhée contagieuse ne peut pas rester là.” Lui et une infirmière pédiatrique ont formé le personnel local et ont obtenu de meilleurs résultats mais pas suffisants, selon le docteur Slaouti. “Au cours des années, j’ai constaté que nous pouvions traiter correctement les nouveau-nés avec des problèmes respiratoires. Mais les petits poids de 1,5kg ,1,3kg qui survivaient à la première réanimation, avaient des problèmes de croissance. Leur poids stagnait. Il y avait un manque de couveuses pour les réchauffer, il n’y avait pas assez de draps pour les laver, il manquait de lait pour les nourrir. Leurs chances de survie étaient donc très faibles. C’est pourquoi toute l’équipe a décidé de mettre en place les protocoles de l’Organisation Mondiale de la Santé et de créer une section kangourou.”

‘On est ensemble’

Entretemps, Tayeb Slaouti y a déjà chapeauté beaucoup de missions en tant que pédiatre et il espère pouvoir prolonger son travail au Bénin dans peu de temps. Le pédiatre infatigable rayonne quand il en parle. “Dans le dernier rapport, j’ai lu que la mortalité infantile y a diminué de 11%. Le fait d’y avoir contribué me donne l’engouement d’y retourner. Il est évident que les conditions là-bas sont très difficiles et que des milliers de problèmes doivent être résolus lors d’une telle mission. Je n’oublierai jamais l’image de cette jeune maman, entourée de vingt autres, avec son bébé dans les bras, mourant de malnutrition. Une mort si injuste me met en colère. Mais nous ne perdons pas courage parce que, comme ils disent chaque matin au Bénin ‘on est ensemble’. Seul, on peut beaucoup mais ensemble, on peut plus. Petit à petit, nous avançons. Pour Médecins Sans Vacances, je souhaite qu’ensemble nous puissions réaliser ce qu’il semblait impossible au départ.”

Texte : Ann Palmers

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