Dr Catherine Akele, directrice de l’hôpital pédiatrique Kalembe Lembe en RD Congo.

Écoutez ici le podcast de cette histoire de 40 ans de passion et d’engagement :

Artsen Zonder Vakantie – Médecins Sans Vacances · PODCAST_Cathérine Akele_FR

“En 25 ans, le taux de mortalité de nos patients est passé de 20 à 4 % et même moins, ce qui en dit long”, déclare Catherine Akele, directrice de l’hôpital pédiatrique Kalembe Lembe en RD Congo. L’hôpital pédiatrique de Kalembe Lembe, en RD Congo est un partenaire de Médecins Sans Vacances depuis seize ans. La directrice Catherine Akele a vu changer l’hôpital au cours des années.” La plus grande réalisation est, sans aucun doute, notre unité de soins intensifs. On peut citer aussi le service de chirurgie infantile et celui de néonatologie. En tant que néonatologue, c’est ce dont je suis la plus fière.”

L’hôpital pour enfants Kalembe Lembe en RD Congo est un partenaire de Médecins Sans Vacances depuis 6 ans. La directrice Catherine Akele a vu l’hôpital changer au fil des ans.

La plus grande réussite a sans aucun doute été notre unité de soins intensifs. Mais aussi les services de chirurgie pédiatrique et de néonatologie. En tant que médecin néonatal, je suis très fier de cela.

Baisse du taux de mortalité

L’hôpital pédiatrique est situé dans la zone de santé de Lingwala, une banlieue de Kinshasa. C’est probablement le seul hôpital de la région, voire du pays tout entier, qui se consacre uniquement aux enfants, déclare avec fierté Catherine Akele, directrice de l’hôpital. Elle connaît parfaitement l’hôpital de 53 ans. Il a été fondé en 1948 par la Croix-Rouge de Belgique et est devenu depuis un hôpital public de référence pour la région. Au milieu des années 1980, elle y a été nommée médecin généraliste. Elle y est retournée après s’être spécialisée en pédiatrie et en néonatologie à Nancy, en France, où elle est restée 9 ans avec son mari, également médecin et chirurgien. “La Croix-Rouge nous a mis en contact avec Médecins Sans Vacances, avec qui nous travaillons depuis 16 ans maintenant. Nous devons notre réputation et la qualité que nous pouvons offrir à la formation que nous avons reçue au fil des ans. Le taux de mortalité des patients de notre hôpital est passé de 20 à 4 % au cours des 25 dernières années. Ça veut tout dire.

Paludisme, infections et diarrhées

Chaque année, une trentaine de médecins et une centaine d’infirmières reçoivent plus de 15 000 enfants en consultation. La plupart d’entre eux peuvent être aidés immédiatement et sont autorisés à rentrer chez eux. Beaucoup sont hospitalisés et doivent rester plus longtemps. “Les principaux problèmes que nous rencontrons chez les jeunes enfants sont le paludisme, les infections respiratoires et la diarrhée. Nous n’avons pas de maternité, les nouveaux-nés nous sont donc envoyés d’ailleurs. Nous traitons les infections néonatales, l’asphyxie, les naissances prématurées, les problèmes digestifs, etc. C’est dans le domaine de la chirurgie que nous constatons les plus grands besoins. Nous constatons que nos chirurgiens manquent de certaines techniques pour opérer, par exemple, l’appareil digestif ou urinaire. Bien que nous ayons reçu beaucoup de soutien en termes d’équipement, nous manquons toujours de respirateurs. Nous n’en avons que dans la salle d’opération.   Grâce à Médecins Sans Vacances, nous recevons une formation supplémentaire.

Salle de soins intensifs

Avec une connaissance encyclopédique, elle raconte les changements qui ont fait de l’hôpital ce qu’il est aujourd’hui. “L’une des réalisations les plus importantes a eu lieu en 2005 avec l’aide du pédiatre Patrick Peeters (volontaire chez Médecins Sans Vacances). Il nous a aidés à mettre en place l’ensemble de l’opération afin que nous puissions fournir des soins intensifs. Quelque chose que nous n’avions pas. Tant sur le plan matériel que sur celui de la formation du personnel. Cette pièce est reliée par une porte à une autre pièce où sont également admis des enfants gravement malades, mais qui nécessitent des soins moins aigus. S’il y a un problème, nous pouvons immédiatement déplacer le patient qui en a besoin. Dans le service de néonatologie, les infirmières ont reçu diverses formations qui ont beaucoup changé. Cela va de la surveillance à la nutrition, en passant par la gestion de la douleur et la réanimation cardiaque. En chirurgie, nos médecins ont appris comment traiter les pieds bots auprès du professeur Greta Dereymaeker. Nos médecins transmettent maintenant ces connaissances aux diplômés qui font des stages chez nous”.

Créativité et innovation

La directrice a vu beaucoup de choses dans sa vie. Mais elle reste joyeuse et combative. “En tant que médecins, nous sommes psychologiquement et scientifiquement préparés à travailler dans des conditions difficiles. Avec des enfants, c’est un défi encore plus grand. Un enfant qui est malade et qui souffre, ça fait mal. Je me souviens qu’à mon retour de France, il n’y avait pas encore de chirurgiens ici, mais un enfant est arrivé avec un épanchement pleural. J’avais appris à drainer le liquide des poumons en néonatologie à Nancy, donc c’était mon travail tout de suite. Je suis ensuite allé au marché et j’ai acheté des bouteilles et des sandales en caoutchouc avec lesquelles j’ai assemblé l’appareil pour faire le drainage pour cet enfant. Nos circonstances difficiles nous obligent à être créatifs et innovants. Si nous croisons les bras, nous ne sauverons pas les enfants.”

Se concentrer sur l’amélioration

Enfin, elle souhaite un joyeux 40e anniversaire à Médecins Sans Vacances. “Nous sommes très heureux du soutien que nous avons reçu jusqu’à présent et nous espérons que la coopération se poursuivra. Grâce aux trajectoires de renforcement des capacités, notre coopération a évolué et s’est améliorée. Nous réfléchissons ensemble en fonction de nos besoins. Grâce à cette méthode de travail, nous sommes également mieux à même de nous remettre en question et de nous concentrer sur ce qui peut être amélioré. C’est pourquoi nous voulons nous concentrer davantage sur notre chirurgie à l’avenir, afin qu’elle devienne de qualité supérieure.”

Texte : Ann Palmers

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