Écoutez ici le podcast de cette histoire de 40 ans de passion et d’engagement :

Artsen Zonder Vakantie – Médecins Sans Vacances · PODCAST_Nele Vangheluw_FR

Rendre un service d’urgence autonome en trois ans.

Le médecin urgentiste Nele Vangheluwe ne peut plus imaginer sa vie sans missions en Afrique avec Médecins Sans Vacances. “J’ai tellement appris de mes collègues africains. Grâce à eux, je sais qu’il est possible de vivre autrement.”

Réactivité

Le Dr. Nele Vangheluwe participe depuis quinze ans à des missions dans tous les pays partenaires de Médecins Sans Vacances. Elle a donc voyagé ces dernières années vingt-cinq fois vers le Rwanda, la RD Congo, le Burundi et le Bénin pour établir des services d’urgence. Un service qui chez nous est encore relativement récent, mais qui dans ces pays africains est quasiment inexistant. “J’aime l’immédiateté d’un service d’urgence. En réalité je m’y suis retrouvé par hasard, mais ce métier est devenu ma passion. La réactivité, pouvoir aider à répondre aux questions pressantes, le travail d’équipe avec le personnel infirmier et les gens de la logistique… C’est un travail difficile mais qui me correspond.”

Préparer le personnel et le matériel

Le Dr. Nele Vangheluwe a déjà collaboré au développement des urgences dans six hôpitaux partenaires en Afrique. En trois ans, elle met tout en place, en constante collaboration avec une infirmière et les collègues africains, pour rendre opérationnel leur service des urgences. Ce qu’elle fait en tant que volontaire durant ses propres périodes de vacances.

“Il y a une volonté et un engagement immenses de nos collègues africains à concrétiser cela, car ils voient la nécessité d’un service d’urgence. La formation du personnel, la mise à disposition du matériel adéquat et la maintenance de ce matériel sont les principaux défis. J’ai élaboré un cursus avec eux : Que faire avec un patient gravement malade? Que mesurer? Que chercher? Comment le traiter? Où doit-il aller? Nous établissons ensemble des protocoles adaptés à leur service d’urgence. Nous constituons une pharmacie d’urgence avec tous le matériel et les médicaments nécessaires, dont ils prennent grand soin. Ce traitement attentionné du matériel et de chacun est vraiment ancré dans les gens que j’ai appris à connaitre.”

Des gens perdus, des gens sauvés

Nele raconte comment chaque hôpital a développé ses propres atouts. L’hôpital de Bassila au Bénin, par exemple, a beaucoup progressé dans le suivi des patients. L’hôpital de Nyantende en RD Congo s’est doté d’un service ambulancier. Celui de l’hôpital de Walungu en RDC venait de commencer mais a dû être interrompu à cause de la pandémie de Covid. Nele n’oubliera jamais les patients qui ont été perdus parce qu’un traitement approprié était impossible, ou cette jeune femme asthmatique qui est décédée à cause d’un manque d’oxygène et de médication nécessaire. Mais elle s’attache aussi aux souvenirs des gens qui ont pu être soignés, comme cette autre femme, diabétique. “Elle avait un taux de glycémie trop élevé et une infection au pied, et au départ elle ne voulait pas se faire soigner. Petit à petit nous avons gagné sa confiance. Je n’oublierai jamais le sourire sur son visage quand elle a quitté l’hôpital en bonne santé.”

Une lueur d’espoir

A la question de pourquoi elle donne si volontiers son temps libre à Médecins Sans Vacances, Nele répond de manière presque lyrique. “Je ne peux pas m’imaginer ne pas le faire. Je retire tellement de cette expérience. Mes collègues africains me manquent énormément, ils m’ont appris la douceur et la patience. Ils sont créatifs dans des circonstances difficiles. J’ai même vu un médecin payer discrètement la consultation d’un patient, alors qu’elle-même peinait à joindre les deux bouts. “Si on donne, on reçoit” m’a-t-elle rétorqué quand je lui ai demandé pourquoi. Nous vivons dans la précipitation, la vitesse et l’abondance ; nous devons sans cesse faire des choix parmi tout ce qui est possible. Ils m’ont montré qu’il est possible de vivre autrement. Il faut pouvoir le faire : aider de nombreux patients avec seulement deux médecins, dans un hôpital périphérique loin de tout confort. Il en faut du courage.” Elle garde en tête les mots d’un médecin qui lui confia que grâce à leur venue, il ne se sentait plus abandonné. “Nous nous rendons aussi dans des endroits reculés, où il ne vient presque personne. J’ai vu un médecin avec un livre intitulé ‘chirurgie pour le médecin isolé.’ Ça en dit long. Nous étions pour lui une lueur d’espoir, nous a-t-il dit.”

Une vision novatrice

Le médecin urgentiste est impatiente de reprendre son travail sur place. “Je ne suis qu’un petit élément dans l’activité globale de Médecins Sans Vacances ; envoyez-moi donc sur le terrain parmi les gens. Je suis très fière de pouvoir travailler pour une telle organisation, qui a une vision novatrice et critique sur la solidarité internationale. Ce qui permet aux soignants moins chanceux que nous de recevoir le soutien nécessaire leur permettant de donner de meilleures chances aux patients.”

Texte : Ann Palmers

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