Aoudi Ibouraïma, directeur de l’hôpital Evangelique de Bembéréké, au nord du Bénin s’exprime en des termes très positifs au sujet des quatre ans de collaboration avec Médecins Sans Vacances. “Nous avons fait des progrès énormes. Nos besoins sont nombreux et exigeants, en raison de la grande taille et de la notoriété de notre hôpital. Malgré cela Médecins Sans Vacances nous soutient dans la mesure du possible”.

Grand hôpital

L’Hôpital Evangélique de Bembéréké est un hôpital de référence au Nord du Bénin. Il a été fondé dans le cadre d’une mission évangélique en 1961 et s’est développé de 43 à 240 lits actuellement. L’hôpital est à la disposition de quelque 264 750 habitants des communes de Bembéréké et Sinendé. “ En ajoutant les populations des départements du Borgou et de l’Alibori, nous atteignons plus de 2 millions le nombre de la population desservie par notre hôpital. Il faut noter que nous avons en moyenne 30’000 consultations par an”, explique le directeur Aoudi Ibouraïma, en poste depuis 6 ans.

Des défis considérables

“Les défis à relever pour un hôpital de notre taille sont considérables. Avant tout, nous voulons mettre notre chirurgie aux normes en vigueur, ce qui n’est pas encore le cas actuellement. Dans le service de pédiatrie, nous devons faire face à un grand nombre d’enfants souffrant de paludisme et de malnutrition, souvent combinés à une anémie. Au cours des 3 dernières années, nous sommes régulièrement débordés dans ce domaine pendant environ 9 mois sur les 12 mois de l’année. Les lits sont occupés, nous manquons de place pour ces enfants que nous devons même installer dans le couloir. Nous allons jusqu’à un taux d’occupation des lits de 120%.

En plus, nous devons chercher une solution à l’instabilité du personnel. Nous constatons que beaucoup de collaborateurs, surtout des médecins et infirmiers/ières viennent pendant 2 ans chez nous pour acquérir de l’expérience et puis quittent pour aller se spécialiser en chirurgie, en gynécologie, … ce qui rapporte mieux. Compréhensible, mais cela signifie que nous sommes continuellement à la recherche de nouveaux collaborateurs qui ont souvent très peu d’expériences. Nous essayons également d’améliorer l’entretien de l’équipement médical, avec le soutien de Médecins Sans Vacances.”

Soutien flexible

Depuis 2017, notre hôpital est devenu un hôpital partenaire de Médecins Sans Vacances, une collaboration dont il parle en termes élogieux. ” Nous avons appris à les connaître par d’autres hôpitaux de Bourgou. Médecins Sans Vacances s’est montré très flexible dès le départ et ils voulaient vraiment comprendre de quoi nous avions le plus besoin et trouver le moyen d’y remédier ensemble. Ceci à travers des ateliers d’analyse et d’élaboration du trajet de renforcement des capacités (TRC) de notre hôpital. Ainsi, nous étions par exemple à la recherche de spécialistes chevronnés en médecine tropicale, un besoin dont l’ONG a tenu compte.

Nouveau service d’urgence et de diabétologie

Les progrès faits en 4 ans sont énormes. Memisa a financé la construction et Médecins Sans Vacances l’équipement de notre service des urgences, qui n’existait pas auparavant. Le bâtiment a été construit et l’organisation du service mise au point grâce à l’appui de MSV. Par exemple, nous recevons beaucoup de victimes d’accidents de la route (traumatisés) qu’auparavant nous devions toujours référer ou que nous prenons mal en charge. Aujourd’hui nous sommes capables de les prendre en charge plus efficacement dans notre hôpital. Aussi avec l’accompagnement de MSV à travers les missions des experts, une unité de diabétologie a également été créée au sein du service de médecine interne. Alors qu’avant, les patients ne pouvaient venir en consultation que le jeudi, ils peuvent désormais tous les jours ouvrables de 8h à 17h et pour les hospitalisés tous les jours sauf les jeudis. Nous avons une équipe de 2 médecins et de onze (11) pairs éducateurs/trices en diabétologie (infirmiers/ières) qui ont été formé pour suivre nos patients diabétiques qui sont en moyenne 750 personnes par trimestre. Le diabète est, en effet, une maladie qui reste souvent cachée et qui peut représenter un réel danger. Aujourd’hui, elle est détectée plus rapidement grâce à des campagnes de sensibilisation et de dépistage de masse que nous organisons.”

Compétence collective à nouer des relations pour attirer du financement

Sur appui de MSV, notre hôpital a reçu un accompagnement de DEDRAS-ONG du Bénin sur : les techniques d’élaborations de projet, l’analyse de contexte et l’élaboration de la Théorie de Changement (TdC), l’écriture de l’Idée de Projet conformément au canevas de d’un Partenaire technique et Financier appelé CBM, la formation théorique et pratique sur le plaidoyer pour la mobilisation des ressources, l’institutionnalisation d’un service de développement des nouvelles opportunités dans notre hôpital est une réalité.

Echanges entre hôpitaux partenaires

La pandémie de la Covid-19 a rendu impossible les missions venant de la Belgique.” Depuis l’année dernière nous explorons les possibilités d’organiser des missions au sein de notre pays entre les divers hôpitaux partenaires de Médecins Sans Vacances. L’hôpital Saint Martin de Papané en est un bon exemple pour nous. Ils fabriquent eux-mêmes du savon liquide or notre hôpital n’en fabriquait pas mais achetait ce savon chez des particulier. . Depuis que nous avons envoyé deux personnes de notre hôpital chez eux pour apprendre la technique, nous fabriquons notre propre savon de très bonne qualité, de même pour la solution hydroalcoolique pour la friction des mains que nous préparons nous-mêmes, grâce à un échange avec l’hôpital de Bassila. Des collaborateurs de notre service de néonatologie se sont également rendus à l’hôpital partenaire Sounon Séro de Nikki pour y apprendre la méthode kangourou pour nouveau-nés. Plusieurs autres échanges sont déjà prévus. Aussi nous avons reçu des équipes de ses hôpitaux partenaires pour apprendre chez nous. Une manière passionnante de partager ses connaissances.

Collaboration à long terme

En plus des échanges locaux, le directeur de l’hôpital, Aoudi Ibouraima espère que les volontaires belges pourront continuer leur travail dans le futur. ” Avec MSV nous élaborons très bientôt notre nouveau trajet de renforcement des capacités (TRC) dans lequel nous fixons nos priorités pour une période de trois ans. J’ignore si leurs compétences et la façon de les transmettre pourraient être trouvées ici au niveau local. Les missions restent donc un grand atout.” Il regarde avec grande satisfaction le chemin déjà parcouru et espère que la collaboration pourra durer encore longtemps pour permettre à l’hôpital de Bembéréke de poursuivre son évolution.”

Texte : Ann Palmers

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