Fin septembre, Médecins Sans Vacances a organisé une mission de formation sur la maintenance des équipements biomédicaux. L’hôpital de Dô et de Houndé en ont bénéficié.
Richard Zongo et Rigobert Zoungrana, ingénieurs biomédicaux au Burkina Faso et experts-volontaires de MSV, ont dispensé une formation de 10 jours destinée au personnel infirmier, aux sages-femmes et au personnel technique. L’objectif de cette mission? Développer les capacités du personnel du bloc opératoire et de la maternité dans le domaine de la maintenance des équipements et appareils.

Des experts-volontaires qui s’investissent dans un contexte difficile

Rigobert Zoungrana est ingénieur biomédical. Il travaille dans l’un des plus grands hôpitaux de référence du Burkina Faso, à Ouagadougou, la capitale. Tout en se mobilisant pour Médecins Sans Vacances (ce qu’il fait depuis novembre 2021), il poursuit ses activités de chef de service de l’unité Travaux et Maintenance du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Yalgado OUEDRAOGO depuis octobre 2019. Il est actif dans le secteur de la maintenance biomédicale depuis 2008.

Richard Zongo a à son actif 13 ans d’expérience professionnelle dans le domaine de la maintenance biomédicale. Depuis 2019, il met ses compétences professionnelles au service de la Direction des Infrastructures, des Equipements et de la Maintenance (DIEM) du ministère burkinabé de la santé et de l’hygiène publique. Tout comme Rigobert, il est expert-volontaire pour MSV depuis 2021.

Nos deux experts-volontaires tirent énormément de satisfaction de leur contribution à l’accessibilité et à l’amélioration des plateaux techniques des structures hospitalières partenaires. Ils sont convaincus que leur accompagnement est nécessaire pour améliorer la qualité des soins de santé. Les appareils biomédicaux sont tout à fait indispensables pour la prévention, le diagnostic, le traitement, le suivi des maladies et la réadaptation des patients. Ils entendent donc se mobiliser pour assurer leur maintenance, malgré le contexte extrêmement difficile. Depuis quelques années, la quasi-totalité du pays doit faire face à une grande insécurité, avec notamment des attentats terroristes. On recense ainsi à ce jour des millions de déplacés.. Seules la capitale Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays, sont relativement épargnées par cette insécurité. Voilà pourquoi Médecins Sans Vacances ne soutient pour l’instant que l’hôpital de Dô (à Bobo-Dioulasso) et l’hôpital de Houndé (situé à 100 km de Bobo-Dioulasso). Nous comptons sur ces deux experts-volontaires pour mener à bien ces missions, mais nous prenons toutes les mesures de précaution nécessaires. Nous suivons par ailleurs de près la situation sécuritaire.

Maintenance biomédicale au Burkina Faso

Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays africains, la maintenance des équipements biomédicaux est un véritable défi, vu le contexte et le système de soins de santé du pays. Les difficultés sont liées :
– au faible niveau de qualité des équipements médicaux et à leur hétérogénéité
– à l’absence de structures et de possibilités de maintenance pour un entretien de qualité des équipements (bâtiments en mauvais état…)
– à l’accès limité aux pièces de rechange et aux consommables
– au manque de formation des techniciens et des utilisateurs
– au faible budget alloué à la maintenance.

Les équipements des structures hospitalières sont généralement mal entretenus, et souvent hors service ou obsolètes. Lorsqu’un appareil n’est plus opérationnel à 100 %, il est souvent mis de côté et plus personne ne l’utilise, faute de maintenance appropriée.

Richard: “En 2011, l’État burkinabé a créé la Société d’État pour la Gestion de l’Équipement Biomédical (SOGEMAB). Après tout ce temps, cette société n’opère toujours pas de façon satisfaisante : elle n’est pas encore en mesure d’assurer la maintenance et de faciliter l’acquisition des équipements médicaux publics.”

Richard:

Le nombre de techniciens et d’ingénieurs biomédicaux reste très insuffisant au regard des besoins des hôpitaux. Dès lors, seuls les CHR (centres hospitaliers régionaux) et les CHU (centres hospitaliers universitaires) disposent d’une unité de maintenance opérationnelle.

La valeur ajoutée de la formation conjointe du personnel de deux hôpitaux

Richard: “En juin 2022, une mission autour de la maintenance biomédicale a eu lieu à l’hôpital de Houndé. De nombreux équipements ont alors été remis en service. L’astuce, bien sûr, est de faire fonctionner cet équipement réparé. C’est pourquoi, dans un deuxième temps, il a semblé opportun à Médecins Sans Vacances de mettre en place des formations spécifiques autour de la maintenance des équipements biomédicaux à destination du personnel.”

En 2020, une mission autour de la maintenance biomédicale a eu lieu à l’hôpital de Dô. Cet hôpital bien équipé bénéficierait donc également d’une formation (de remise à niveau) sur la maintenance biomédicale. Il a donc été décidé d’organiser une formation conjointe sur la maintenance biomédicale pour le personnel de l’hôpital de Dô et de Houndé à la fin du mois de septembre.

Au cours de ces 10 jours de formation, sept membres du personnel de l’hôpital de Dô (un infirmier du bloc opératoire, une sage-femme, un radiologue et 3 infirmiers qui travaillent dans un autre service) et trois membres du personnel de l’hôpital de Houndé (travaillant au bloc opératoire, à la maternité et au service de soins post-opératoires) ont développé énormément de connaissances. Cette approche de formation présente quatre grands avantages :
– les participants peuvent échanger des expériences et apprendre ainsi les uns des autres ;
– ce type de formation et d’approche génère des synergies ;
– elle optimalise l’utilisation des moyens financiers ;
– elle a un impact durable.

But de la mission

Rigobert:

Notre objectif était d’apprendre à tous les participants à assurer la maintenance préventive et curative des équipements biomédicaux.

Rigobert: “Je songe à la maintenance curative des concentrateurs d’oxygène, des lampes d’examen, des aspirateurs et des stérilisateurs. Au niveau de la maintenance préventive, il s’agit principalement de l’entretien des moniteurs paramétriques, des tensiomètres électroniques, des lampes scialytiques, des tables de réanimation des nouveau-nés… Nous avons aussi appris aux participants à vérifier le bon fonctionnement du circuit électrique du bâtiment des urgences. L’accent a surtout été mis sur la maintenance des appareils et équipements de la maternité, du bloc opératoire et du service d’odontostomatologie.”

Transmettre les connaissances acquises

Richard: “Nous savons déjà que les participants ont immédiatement partagé les connaissances nouvellement acquises avec leurs collègues. Cela nous réjouit énormément. Pour garantir la continuité des soins de santé, il faut que tous les collègues d’une même équipe soient en mesure d’assurer parfaitement la maintenance des équipements. Les équipes travaillent en effet en rotation (équipe de matinée, permanence et de garde. Dans les prochains mois, le personnel devra surtout développer ses compétences dans le domaine de la maintenance préventive, étant donné que les besoins en maintenance curative sont pour l’instant satisfaits – grâce à notre formation et à notre première mission à Houndé.”

#TogetherWeCare4HealthCare

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