Perdre le combat contre le montagne.
Perdre le combat contre le montagne.
Ca fait 6 ans que je connais l’Hôpital pédiatrique de Kimbondo sur le Mont Ngafula, près de Kinshasa sur la route de Matadi. C’est toujours avec la même émotion que j’y retourne. Au fil des ans, les missions se chargent de mémoire, d’émotion, de souvenirs , de chagrin et de joie.
Kimbondo recueille à peu près 250 orphelins et héberge 300 patients (dont quelques dizaines d’adultes). On y vit comme dans un village africain, car l’hôpital est un ensemble de pavillons étalés sur le flanc du Mont Ngafula. Il faut des mollets d’acier pour monter et descendre sans arrêt d’un pavillon à l’autre. Lors de la dernière mission en janvier 2009, un enfant se mourrait d’une hémorragie interne massive avec perte abondante de sang. Il était transfusé. Mais il fallait courrir en haut vers la pharmacie chercher les médicaments pour traiter le choc ; ensuite il fallait monter encore vers les soins intensifs pour chercher d’autres médicaments. Impossible d’emmener la bonbonne d’oxygène : trop lourde et trop loin. Dès que l’enfant paraissait plus ou moins stable, je l’ai porté dans mes bras, le sang dégoulinant tout au long de son corps sur moi, pendant que France (l’infirmière en mission avec moi) tenait la perfusion tant précieuse. On l’a installé au pavillon des soins intensifs, on a tout fait si qui était humainement possible, mais il est décédé près de nous après quelques heures.
C’est le côté infernal de Kimbondo : la mort qui rôde partout, la souffrance, la maladie. Mais il y a aussi ceux qui guérissent, les orphelins qui ont récupéré et vivent à présent en communauté et nous font un accueil chaleureux avec chant, danse et tamtam. Et tout cela basculant de la mort aux rires brutalement, sans avertissement.
Les missions sont courtes : 2 semaines, donc il faut courrir sans cesse pour réaliser la liste des objectifs fixés dans les délais impartis. Ca demande une bonne organisation et une discipline de fer. Pour toute l ‘équipe. Cette fois-ci, nous (surtout France) avons pu réorganiser efficacement les soins intensifs sur le plan matériel, personnel infirmier et stratégie médicale.
Ma belle-soeur Yvette a poursuivi la formation des kinés en kiné Bobath et physiothérapie neurologique : grâce à son action, le kiné Jérémy a actuellement une collègue Térésa comme adjointe à temps plein.
Le temps d’action est divisé en une vingtaine de consultations la matinée, le tour de tous les pavillons, l’organisation logistique des pavillons, la gestion du personnel, la vérification du matériel et l’évaluation des besoins en grand et petit matériel. Les besoins de la pharmacie, et j’en passe.
Patrick Peeters, pédiatre, président ad intérim de MSV









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