Les premiers jours à Ouaga.

Dec 122010

Les premiers jours à Ouaga.

Mission: prothèses de la hanche - hôpital Paul VI - Ouagadougou au Burkina Faso.

A l'affiche : Jan Noyez, Wim Bruyneel, Katie Truyens et Lieven Dossche.

Une équipe multiculturelle composée de volontaires venant de Flandre occidentale, du Nord e la France, d' Australie et... d'Anvers.

Le 07 décembre 2010 - première journée de travail.

RX opname van een patiënt vóór de operatieLes consultations commencent à partir de 08.00 h. du matin. Comme chaque année, il y a foule. Des gens tout en couleurs, qui pour la plupart ont des problèmes aux hanches. C'est déjà la 7ème année consécutive que nous nous rendons à Ouagadougou, au Burkina Faso, avec quasiment la même équipe de médecins et personnel infirmier pour traiter chirurgicalement des patients ayant des problèmes aux hanches. Il s'agit essentiellement de placer des prothèses. Au point de vue logistique, c'est une mission difficile qui exige beaucoup de préparatifs compte tenu de la nécessité de disposer sur place de beaucoup de matériel chirurgical et de nombreuses prothèses.

Heureusement, nous pouvons compter sur Windemi Ouedraogo, un fantastique correspondant Burkinabè qui a bien tout préparé sur place. Windemi nous a fait parvenir il y a quelques mois, un CD avec un résumé des dossiers et avec les radios des patients. Lieven et Jan, les deux chirurgiens orthopédistes ont ainsi eu l'opportunité de bien se préparer et de sélectionner au préalable le matériel chirurgical nécessaire. Un dosser pré-opératoire est alors constitué. Il est complété avec les données recueillies après l'examen clinique qui se fait pendant la consultation Tous les patients qui entrent en ligne de compte pour une intervention sont évalués par Wim, notre anesthésiste et ses collaborateurs. Entretemps, Katie rassemble les instruments orthopédiques qui sont répartis dans les nombreux colis qui ont été envoyés chargés de matériel et de prothèses. En fin de journée, tout est bien rangé en ordre, à la place où tout doit se trouver.

"La liste et pleine" et notre tête l'est aussi. Nous nous sentons comme hier dans l'avion. D'abord, il y a eu une panne de moteur. Ce moteur aurait dû être réparé. En finale, il apparaît que cette réparation ne savait pas être effectuée de suite, sur place. Air France cherche un autre appareil. Tout le monde doit quitter l'avion. Il faut attendre. Nous recevons un sandwich et une boisson, aux frais d' Air France. Rien qu'un seul sandwich, se met à réclamer un de nos voisins du nord. Nouvel enregistrement pour le nouvel appareil. Mais voilà, il neige et gèle fort. Les appareils font la queue pour passer au dé-congélateur.

RX opname van een patiënt na de operatieCela évoque nos patients qui font la file pour passer à la consultation. Le soir tombe déjà, les consultations se font à un rythme plus rapide... Au suivant... Les patients sont examinés simultanément par différents médecins dans un même local. Confusion et cacophonie sont de mise, bien que la planification ait été bonne et que la consultation ait été bien organisée. C'est seulement vers la fin que cela a dérapé parce qu'on avait pris trop d'inscriptions. Notre liste des opérations à faire est complète mais déjà maintenant, nous savons à quoi ressemblera la liste des opérations de l'année prochaine.

Parfois le planning est modifié en pleine action. Et la aussi, il y a un parallèle avec ce que nous avons vécu hier. Notre plan de vol a été, soudainement, modifié en plein vol. L'escale à Niamey prévue à la mi-parcours est supprimée afin de pouvoir voler directement jusqu'à Ouagadougou. Pour nous, c'était un sérieux avantage mais par contre, c'était contrariant pour les passagers à destination de Niamey.

6 heures, il fait sombre. Quelle journée chargée. D'abord une visite au Président de l'ordre des médecins du Burkina Faso. Le Président porte un beau complet noir taillé sur mesure, sur une chemise impeccable avec une cravate noire assortie. Nous, nous sommes en tenue décontractée. Nous procédons ensuite aux indispensables devoirs requis pour pouvoir exercer la médecine au Burkina Faso. Les documents officiels nous seront envoyés par après.

Nous pratiquons d'emblée une bonne médecine. Une centaine de patients font l'objet d'un examen approfondi par une équipe de 5 médecins. Les questions cruciales sont chaque fois : l'intervention est-elle techniquement possible et le patient satisfait-il à nos critères pour être opéré... nous évaluons, n'est-il pas trop âgé ... ou pas trop jeune... son hémoglobine est-elle suffisante...Cette dernière question est assez étonnante car nous ne la posons pas à nos patients en Belgique. Au Burkina Faso par contre, la plupart des patients ayant des problèmes aux hanches ne connaissent pas bien leur taux d'hémoglobine. Une cellule unipare anaemie est fréquente ici et cette affection consécutive à une nécrose avasculaire peut être la cause de problèmes aux hanches. Si une partie du taux d'hémoglobine est trop importante ou trop faible cela peu conduire à des complications importantes.

 

Il fait sombre quand nous quittons l'hôpital. Il y a beaucoup de trafic, des vélomoteurs, de la poussière... et nous sommes tous fatigués. Katie a l'air la plus fraîche malgré son long voyage de Perth en Australie via Singapour et Paris pour arriver à Ouagadougou. Elle mérite certainement le premier prix de la volontaire MSV la plus idéaliste. Nous prenons notre repas du soir "à la maison" chez Gracias. Une grande pinte de bière fraîche et un poulet à la Garcia avec des frites et un aloco. Que la vie peut être belle après une longue journée de travail.

Le 8 décembre 2010, les premières opérations

Het team aan het werk gedurende een vorige missieAu CMA, Paul VI, situé dans le quartier nord d' Ouaga. Notre correspondant local Windemi a bien retenu sa leçon car il nous accueille en West-Vlaams: Ouest (ndlr : néerlandais parlé en Flandre occidentale ).

Et de poursuivre ... comment va la famille, et les enfants, et Madame... et ensuite, c'est à notre tour de lui répondre...Tout va bien avec nous et notre famille et notre travail. Une fois terminées les formalités d'usage, nous nous mettons au travail. Vers 15.30 h., nous avons placé trois prothèses. Toutes les procédures de travail se sont bien déroulées et ont été appliquées correctement. Notre mission démarre bien. Maintenant, il nous faut continuer sur cette lancée.

Nous passons la soirée à la Villa Sikandra chez Jean-Jacques. Nous dînons sur la terrasse op premier étage, sous un merveilleux ciel garni de plein d'étoiles et un croissant de lune. Avec du Mozart en arrière fond. Quel contraste avec le monde autour de nous. Mais la vie n'est-elle pas pleine de contradictions et d'injustices. En fait, il s'agit d'être heureux avec ce que l'on a et avec ce que l'on fait. Et cela, nous réussit parfaitement. Il y a une parfaite entente réciproque entre nous et entre les indigènes. C'est d'ailleurs la xème mission que nous effectuons ensemble. Cela contribue à nous rendre solidaires mais surtout aussi parce que nous avons le même dénominateur commun. Nous aimons cette ville poussiéreuse et fébrile, nous aimons les Burkinabès et nous partageons l'espoir que notre mission améliorera la qualité de vie d'un petit groupe de gens.

Le 09 décembre, nous sommes levés tôt...

Ce fut une nuit avec beaucoup de tapage. Nous avons l'impression qu'il y a plus de trafic aérien que l'année dernière et que l'aéroport semble se trouver pour aussi dire à côté de là où nous habitons. 05.00 h. du matin, le Muezzin invite les fidèles à la prière. Quelques instants plus tard, ce sont les cloches de la cathédrale qui sonnent. C'est ainsi que je suis réveillé pour courir mon premier jogging à Ouaga. Dans les premières lueurs du jour, il fait encore frais et c'est agréable de courir autour du barrage de Ouaga. Dans mon tee-shirt sportif, je détonne parmi les épais manteaux, les écharpes et les bonnets de la population locale.

Aujourd'hui, nous avons à nouveau placé des prothèses. Des cas techniquement difficiles. Heureusement, il y a l'air conditionné dans la salle d'opérations, à l'extérieur il fait très chaud.

La nuit, le temps fraîchit fort. La température descend jusqu'à 15 ° C. C'est très froid. Aujourd'hui, nous avons bien travaillé. Tout de monde est satisfait.

Le 11 décembre... le dîner

Nous dînons chez Juliette, la cuisine la plus créole de Ouagadougou. Juliette trouve notre compagnie atypique à tous points de vue. Des jeunes qui, le samedi soir, ne vont pas danser ! Le nom même de notre organisation lui est inconnu et elle le trouve hilarant : " Médecins Sans Vacances". Nous avons promis de revenir un prochain soir.

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