La prière du matin
La prière du matin
Lundi
Vus de l'extérieur, les briefings sont un beau spectacle mais j'ai quand même sursauté quand subitement, tous ensemble, on a commencé à prier pour la prochaine semaine et pour les patients... Si cela est efficace, je n'en sais rien mais démarrer une nouvelle semaine dans ces conditions, c'était de suite comme un nouveau départ.
Tous les pansements furent ouverts avec l'eau nécessaire et la kétamine. Nous attendons le passage du médecin. Tout à coup, il apparaît que je ne suis pas la seule blanche dans l'hôpital. Un certain responsable de la formation en chirurgie venant du Colorado participe à la tournée avec l'équipe médicale. Nous nous sommes interrogés, chacun étonné de la présence de l'autre.
Il était là pour faire un bilan sur l'état de la clinique mais également pour opérer et pratiquer une greffe. Nous avons échangé nos points de vue et je lui ai signalé que procéder à des greffes ou pratiquer des interventions chirurgicales pour des blessures provoquées par des brûlures n'étaient pas possible et qu'il valait mieux que les patients soient transférés vers Kibbagabaga.
Le médecin-chef a vraisemblablement entendu cela et peu après, il m'a interpelé au sujet des greffes et j'ai été présenté à un jeune médecin qui allait prendre sur lui de soigner les brûlures. Nous nous sommes rendus dans le quartier de la chirurgie pour le visiter et voir le matériel disponible : un mechgraf dont une pièce est cassée et un dermatome sans lames.
Un problème dont nous pouvons tenir compte en espérant en effet que le chirurgien va continuer à soigner les brûlures.
Après les soins, la salle semblait trop calme et sans vie, jusqu'à ce que nous ayons l'idée de sortir quelques patients de leur lit en vue de procéder à une session de pesage. Personne ne semblait être contre et avant que nous le réalisions, un jeune homme s'est assis sur une chaise. Il semblait avoir des difficultés à rester assis c'est pourquoi je l'ai attaché avec un drap. Fier comme un paon et avec un sourire jusqu' aux oreilles, il me regardait. On m'a raconté qu'il n'était plus sorti de son lit depuis 6 mois.
Malgré la matinée tumultueuse, j'ai eu envie de faire le nettoyage du CHUK. Ce que j'ai trouvé est à peine croyable ... des chargeurs vides de leurs agrafes, du matériel de stérilisation, des masques, des bonnets, des blouses pour toute une armée, des pansements, ... et une sorte de tricot jaune-orange dans des sacs que personne n' a été à même de m'expliquer à quoi ils servent. Donc... bon débarras... comme le dit ma devise.
Après une journée pleines de surprises, le personnel infirmier m'a emmenée prendre une tasse de thé avec du lait et des épices dans un supermarché ce qui m'a permis de me faire une idée de ce que l'on peut trouver dans les magasins.








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