La mère blanche m'aime bien.

Jul 162009

La mère blanche m'aime bien.

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Jean de DieuCécile nous raconte l'histoire de son fils Africain.

Cécile est déjà allée huit fois en Afrique pour MSV, et elle m’a raconté une histoire qui m’a fort ému. L’histoire de Jean de Dieu.

Jean de Dieu avait huit ans et était orphelin. Ses deux parents étaient morts du Sida lorsqu’il avait 6 ans, et il habitait depuis lors chez sa tante. Lui-même avait attrapé le virus via le lait maternel et était donc aussi séropositif. Un soir, sa tante laissa tomber une lampe à pétrole et l’huile brûla la peau de Jean de Dieu. Ses deux jambes étaient brûlées au 3e degré sur une grande surface, comme s’il n’avait pas eu assez de coups durs dans sa courte existence…

Sa tante l’amena à l’hôpital de Kabgayi où André, Emmy, Grietje et Cécile travaillaient. Elle détacha rapidement ses mains de son neveu maigre et sous-alimenté qui avait de grandes blessures ouvertes, et partit sans laisser de trace.

C’est ainsi que Cécile a trouvé Jean de Dieu, sur un sale lit, sans famille et donc sans nourriture. Elle n’a pas hésité une seconde: tous les jours, elle apportait à l’hôpital une part du petit déjeuner et après que Jean de Dieu l’ait dégusté, elle soignait ses blessures. Au bout de trois semaines, il avait recouvré ses forces et pouvait donc être opéré.

Mais, le cœur brisé, Cécile dut le quitter pour rentrer chez elle. Avant son départ, elle alla s’asseoir sur son lit et lui fit encore une fois un gros câlin. Lui adressa quelques mots en Kinyarwanda à l’infirmière, et Cécile demanda à cette dernière de traduire. Il a dit : "La muzungu m’aime bien." La mère blanche m’aime bien.

Cécile était touchée. Après tous les repas qu’elle lui avait apportés, et tous les soins qu’elle lui avait conférés, ce qu’il gardait le plus en mémoire, c’est le fait que quelqu’un l’aimait bien, malgré ses blessures et son sida, malgré le fait que même sa tante ne voulait plus le voir.
Savez-vous ce que notre infirmière a répondu ?
« Même si je dois retourner en Europe, même si je suis loin d’ici, même si tu as le sida, je t’aimerai toujours. »

Deux mois plus tard, le virus prenait le dessus et Jean de Dieu mourait, mais ses dernières pensées furent pour Cécile. Lorsqu’elle revint, l’année suivante, une infirmière lui raconta que Jean de Dieu, à la veille de sa mort, avait dit : "Si la mère blanche revient, veux-tu la remercier de tout ce qu’elle a fait pour moi. "

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3 reactie(s):

je ne sais que dire de plus, sinon merci pour tant de générosité de coeur ! j'en profite pour dire merci au dr J V Blondiau qui m'a aidé à me depasser et me lancer plus lucidement dans la chirurgie lors de son dernier passage à Mosango. Salut à Frantz, Kathy et Irène, autres membres de cette équipe.
bravo cécile et bravo à tous ceux qui consacrent leur temps libre pour aider nos soeurs et frères dans la détresse - que jean de dieu soit heureux auprès de ses parents
incroyable, cecile. la photo égalemant me frappe vraiment.

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