Retour à Mafinga,
Retour à Mafinga,
Le système informatique de la clinique, avec un intranet et une connection internet a été installé il y a deux ans par des quelques étudiants allemands. Hélas il n'en reste plus grand chose, il est quasiment inutilisable. De longues journées de travail, la pluie qui tombe, le soir, les éclairs tout cela fait qu'il n'y a plus d'électricité dans notre café internet.
Je fais encore un essai aujourd'hui... Couper-coller ça marche mais les photos elles, elles restent en rade. Peut-être plus tard... Voici cependant quelques impressions.
Mardi le 1er mars 2010
Aujourd'hui encore nous avons été confrontés au drame de la stérilité. Flora, 29 ans n'a pas encore pu mettre un enfant vivant au monde. Son mari a eu entretemps deux enfants avec une autre femme.
Une fois de plus apparaît combien en Afrique, il est important pour une femme d'être mère. La pression sociale est énorme et le désespoir est imminent quand cela ne marche pas. L'exclusion et même la maltraitance ne sont pas à exclure. Dans notre mentalité d'occidentaux, nous ne comprenons pas cette discrimination. La conception in-vitro est ici inexistante et même si elle était possible, ces traitements seraient impayables. Bien que l'on remuerait ciel et terre que pour que cela réussisse car donner vie à des enfants est ici une énorme richesse.
Cet après-midi j’ai vu Véronica et Angélina, deux sages-femmes bien connues.... Cela ne va pas bien avec Véronica. Elle est enceinte de 31 semaines et a une trop haute pression artérielle. Elle ne réagit pas aux médicaments dont on dispose ici. Il y a un an et demi, lors d'une précédente visite à Malinga, elle a accouché d'un enfant mort-né. Une pré-eclampsie. Espérons que cette fois-ci cela se passera mieux. Quoique... cela ne se présente pas très bien. Je croise les doigts à avance pour que Veronica ne courre pas de risque et que le bébé ne naisse pas trop avant terme sinon, il ne survivra pas. Si Véronica et le bébé vivaient chez nous, leur avenir ne serait pas si incertain. Quel luxe nous avons de pouvoir dans notre pays accéder à des traitements médicaux adaptés à notre état.
Je souhaite rentrer plus tôt à la maison, et aller au marché pour y acheter de l'asali ( du miel ) des fruits de la passion et des petites bananes. Comme c'est agréable de déambuler parmi toutes ces couleurs chaudes et de sentir tous les arômes. Le soleil sur ma peau et la chaleur dans mon coeur..
Mercredi, le 3 mars 2010..
Ce fut une rude journée pour Else. A la consultation, se sont présenté de très nombreux patients en perspective du planning des opérations de la semaine prochaine lorsque Ben, l'anesthésiste, sera arrivé.
Aujourd'hui, une victoire. Une jeune fille de 16 ans. C'est son premier bébé et très vite on aurait tendance à pratiquer une césarienne car il n'y a guère de contractions. Mais cela est assez subjectif. D'après le partogramme (Il y en avait quand même un de rempli) Cela s'annonçait relativement bien, selon moi.
Pourquoi ne pas d'abord accélérer le travail en brisant la poche des eaux et si cela s'avère nécessaire d'administrer une substance stimulant les contractions. Les sages-femmes mais aussi les médecins n'osent-ils pas le faire. Bien sûr, il faut surveiller le travail de la parturiente de très près. C'est peut-être ici que le bât blesse. Mon avis est finalement sollicité et suivi. Et voila, peu après... l'accouchement de la jeune fille c'est passé sans le moindre problème. Hongera Félicitations.
Jeudi le 4 mars 2010.
Aujourd'hui encore un succès... et cette fois pour Else. L'année dernière, nous avions expliqué le procédé d 'extraction sous vide. La ventouse n'a pas été utilisée depuis de nombreuses années. Il y a trop de risques pour le bébé, pense-t-on ! Le bon endroit où la placer et la maîtrise de cette technique sont primordiaux. L'année dernière, nous n'avions pas eu la chance de pouvoir faire une démonstration. Aujourd'hui c'est possible !
Grace..., un premier enfant, HIV +, est amenée dans un dispensaire en ambulance. Elle a déjà une ouverture totale depuis quelques heures mais aucun progrès n'est constaté. La mère est de ce fait dans un état d'épuisement total. Voici un cas idéal pour un accouchement sous vide. Espérons que les collègues locaux sont maintenant moins réticents et moins méfiants à l'égard de cette technique. Le docteur Innocent, un jeune médecin fraîchement émoulu de la Faculté désigné pour cette mission, a exécuter avec Else, voulait connaître cette technique à fond.
De ce fait le nombre de césariennes diminuera peut-être
De la part de tous, un bonjour rempli de soleil, entre les gouttes de pluie (c'est la saison des pluies)
Else, Ben et Mie
Jaért, Janen Floris et aussi de la part de nos collègues africains.









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