Les urgences Congolaises avant l'arrivé des MSV.
Les urgences Congolaises avant l'arrivé des MSV.
Mardi matin, 10 heures. Mama Nsuyani, 17 ans est enceinte de 38 semaines et se présente aux urgences de l'hôpital Saint-Joseph. Samedi dernier, elle a été transférée d'un centre médical de campagne. Elle est arrivée ensemble avec sa petite fille âgée de 1 ans. Sa pression sanguine est élevée. Après 3 jours de voyage, elles arrivent enfin à Kinshasa.
Elle est atteinte d'une éclampsie ou toxémie gravidique (empoisonnement de la femme enceinte). Cette affection est mortelle tant pour la mère que pour l'enfant. Les plus grand risques sont des contractions convulsives qui provoquent un manque d'oxygène avec toutes les conséquences désastreuses. Les femmes congolaises n'ont pas toutes les moyens de se faire contrôler régulièrement durant leur grossesse. C'est une des causes qui fait que l'éclampsie est un problème majeur au Congo.
Quand Mama Nsuyani s'est présentée aux urgences, elle a été immédiatement mise sous perfusion avec des agents provoquant la diminution de la pression artérielle. Et à titre préventif, on a préparé les médicaments pour traiter les convulsions. C'est grâce à MSV, grâce à sa présence et au matériel envoyé sur place, qu' il a été possible de prodiguer directement à cette jeune femme les soins appropriés à son état.
Avant que MSV n'intervienne, dans les urgences, la situation des patients était la suivante:
- d'abord il fallait payer la consultation de médecin urgentiste.
- ensuite il fallait passer à la pharmacie pour y acheter les infusions, les médicaments, les aiguilles, les pansements...
- et enfin retourner aux urgences où les médicaments étaient administrés
Le seuil financier à franchir associé aux difficultés pratiques a comme conséquence que des patients dont le cas relève de l'urgence ne sont pas traités. Nombreux sont ceux qui sont décédés alors que la famille était encore à la recherche des fonds et des médicaments nécessaires aux premiers soins.

Etre rapidement et correctement traité(e) aux urgences est essentiel.
Pour nous, il était temps de tester une autre manière de travailler. Dans le service, outre le stéthoscope et un tensiomètre, il n'y avait rien d'autre.
Ensemble, avec les urgentistes congolais, nous avons mis au point un kit de premiers soins. Après chaque usage, le contenu du kit est de nouveau réassorti par le patient. Les premiers soins sont donnés rapidement et le kit est à nouveau disponible pour le patient suivant. Pour les plus démunis, MSV a offert un stock de matériel.
Grâce à ce nouveau concept de kit pour premiers soins, Mama Nsuyani a pu être prise en charge rapidement et de façon efficace. "Le service des urgences congolaises" a été transformé en un service d'urgence complète. Les médecins sont heureux, nous les sommes également et surtout Mama Nsuyani, l'est aussi. Après les premiers soins reçus aux urgences, Mama Nsuyani a été admise en salle d'accouchement où elle a accouché d'un garçon en parfaite santé qui dorénavant répondra au nom de Barth. Il a été appelé ainsi du nom du Docteur Bart Lesaffre, urgentiste et mon collègue chez MSV, qui a bien su prendre la maman en charge.









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