labo de boko
Nov 152008
labo de boko
Dimanche 9 novembre Il est temps de faire nos adieux à Djougou et à L’hôpital de l’ordre de Malte. Marie-Christine part la première pour Cotonou où elle prend l’avion à 23h. Thérèse et moi quittons Djougou, à 10h, pour Parakou. A 12h nous arrivons chez les sœurs Salesiennes à Guema. L’accueil y est toujours aussi chaleureux même si la sœur Micheline nous manque énormément. Nous apprenons avec horreur les causes de son décès. En visite dans sa famille au Congo, elle fait une crise d’asthme, elle est alors emmenée dans un hôpital où après une série d’examens on s’aperçoit qu’elle a une masse au niveau de l’utérus. On décide de la lui retirer, tout se passe bien, après quelques jours elle sort de l’hôpital et finalement retourne au Bénin. Là, elle se plaint d’avoir mal au ventre, alors qu’avant cela elle ne se plaignait de rien. Au bout de quelques temps, la douleur étant persistante, elle consulte un médecin qui décide de rouvrir. Et là horreur, une compresse a été oubliée dans son ventre lors de l’intervention, l’infection est trop importante, on ne peut plus rien faire. Elle décèdera le lendemain, une semaine à peine après avoir fêté ses 40ans. Lundi 10 novembre Premier jour au laboratoire de Boko et grosse déception. La crasse règne en maître sur tout le laboratoire : couche de poussière sur les microscopes, collection de cartons vides dans tous les coins, accumulation de lames usagées pleines d’huile… Sans parler du local où nous devrions démarrer la bactériologie. Une seule prise de courant pour toute la pièce, un seul plan de travail, l’autoclave et l’incubateur au sol. De nombreuses choses manquent : un bain marie, un microscope, un frigo ainsi que divers consommables. Nous rencontrons le directeur et je m’empresse de lui faire une première demande : une table supplémentaire, histoire de ne pas avoir à ramper par terre. Nos horaires de travail sont établis 8h-17h et un chauffeur viendra nous chercher tous les jours. Mardi 11novembre Après avoir observé les techniciens, je me rends compte que les gouttes épaisses (étalement et coloration d’une goutte de sang sur une lame pour la recherche de parasites de la Malaria ) sont très mal faites et quasiment illisible. Normalement la technique d’étalement, si elle est bien faite, provoque une hémolyse et donc la destruction des globules rouges, libérant ainsi les parasites (protozoaïres) Je décide donc de revoir la technique avec Zato, le technicien qui faite les prélèvements et les étalement. Je lui annonce que j’ai bien l’intention de le harceler tous les jours pour que la technique soit parfaitement maîtrisée avant mon départ. Il acquiesce et me dit qu’il ne demande pas mieux que de s’améliorer. L’après midi nous quittons le labo plus tôt (après tout c’est férié aujourd’hui) pour aller jusqu’au cyber café. Sur les deux heures de connexion, nous n’aurons qu’une interruption de 30min, c’est pas si mal !! Mercredi 12 novembre Début de progrès en bactériologie, on nous amène une table. Après un grand nettoyage du sol à l’eau (ce qui est assez rare) les appareils sont installés en hauteur et plus au ras du sol. Un électricien passe pour s’enquérir du nombre de prises de courant que nous désirons. Du côté du grand labo, un plombier répare les robinets défectueux. En effet, il paraît que tout le personnel de l’hôpital vient se laver les mains au labo !! Gutemberg nous annonce qu’il ne sera pas présent la semaine prochaine. Responsable du laboratoire, il est « la » personne qui doit être formée pour la bactériologie, mais il est inscrit à une formation depuis le mois de Juin et ne peut plus rien y faire. C’est aussi un problème majeure au Bénin: les formations. Certes elles sont essentielles pour l’évolution du personnel, mais malheureusement elles sont très mal ciblées. Nous jetons un œil sur le programme de celle-ci : Les études clinique, la PCR en temps réel... Absolument pas adapté à un pays qui n’a même pas encore du courant continue toute la journée !! Jeudi 13 novembre Les électriciens sont à la tâche, ajout de prises de courant en bactériologie (5 de plus) ainsi qu’ajout de néons supplémentaires dans le grand labo. Je me sens des talents d’infirmière ! Non non je ne pique pas les patients ! J’apprends aux techniciens à utiliser les aiguilles et tubes de prélèvement que j’ai apporté. Merci Annick ! Un petit garçon de 8ans, second de sa classe et fierté de son papa, était très effrayé et s’est mis à pleurer. Après cela une petite fille d’environ 6ans, jolie comme un cœur, n’a pas levé un sourcil au moment de la piquer. Au contraire, elle a fait un grand sourire quand je lui ai expliqué qu’un papillon venait butiner son sang. (Aiguilles de prélèvements à ailettes= butterfly) Vendredi 14 novembre Après plusieurs demandes auprès du responsable du laboratoire et du directeur, nous n’avons toujours pas de demandes d’analyses pour la bactériologie, il est donc impossible de donner des explications correctes sans matériel. Une coupure de courant paralyse l’hôpital pendant près de 2 heures (pas de groupe de secours). Finalement nous décidons de quitter le laboratoire plus tôt, pour rédiger nos rapports chez les sœurs.





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